ASSUMER, AUTO-PROCLAMER, VIVRE PLEINEMENT ET SEREINEMENT SON HOMOSEXUALITE N'EST PAS L'APANAGE DE LA VIE EN ZONE RURALE !
A peine 500-700 ruraux en moyenne vivent dans chaque village.
De superficie, un village est réduit, on en a vite fait le tour.
Peu nombreux, petit, cette configuration favorise le contact, les échanges entre les populations.
L'habitat rural est ouvert sur l'extérieur :
Les gens vivent dans des maisons individuelles pour la plupart, entourées d'une cour, un jardin, parfois un pré qui s'ouvrent à leur environnement, à leurs riverains.
L'habitation donne sur la rue, à la campagne les gens se déplacent avec leur automobile.
L'habitat ouvert, les dépendances, favorisent l'activité, l'animation, l'expression, extra-muros : le rural vit dehors et voit régulièrement son voisin.
Les villageois ont des occupations extérieures, ils entretiennent l'espace qui entoure leurs habitations : bècher le jardin, ranger la grange lorsqu'on en a une, passer un coup de balai dans la cour, laver son automobile, etc
Le voisin a les mêmes occupations : il pratique les mêmes activités, on le voit donc forcément un moment ou un autre, dans son jardin, hors de ses murs, ...
La notion de cloisement intérieur ou de confinement chez soi, typiques du mode de vie urbain, n'existe pas à la campagne, à cause des nombreuses activités extérieures qui occupent le villageois.
Conséquence : les habitants communiquent entre eux, se parlent régulièrement, voire tout le temps.
Comme suite logique, on est amené à échanger des conseils, on s'entraide, on finit même par se confier.
Solidarité, entraide sont des comportements qui s'installent.
Communiquer créée des liens souvent amicaux, le contact est source d'échanges.
Complicité, amitié découlent de ces contacts étroits : les gens se connaissent bien.
L'individu rural vit en symbiose avec son environnement immédiat, naturel et humain.
La notion d'anonymat, d'existence recluse, ne s'appliquent donc pas dans les campagnes.
LA NORME !
Cette situation typiquement rurale favorise l'uniformisation des comportements, de l'existence de tout un chacun.
Tout le monde ou presque vit, fait comme tout le monde.
On peut ainsi parler de norme, de vraie norme sociale pour qualifier la vie des ruraux.
En contradiction totale avec l'anonymat urbain dont découlent des initiatives singulières, des comportements pluriels, différents, la notion de voisinage et d'échanges y faisant défaut.
Homogénéité rurale, hétérogénéité urbaine !
Combien de fois n'ai-je entendu ces paroles autour de moi : "A la campagne, on se marie pour faire comme tout le monde !"
La société rurale a instauré une forme de norme sociale, qu'ont adopté la majorité des habitants.
SE MARIER, VIVRE AVEC UNE PERSONNE DU SEXE OPPOSE, AVOIR DES ENFANTS EST LA NORME SOCIALE EN MILIEU RURAL ! UN HOMME, UNE FEMME, DES ENFANTS ! CETTE NORME SOCIALE EST UN GAGE D'INTEGRATION !
Solidarité, entraide, amitié, contacts, communiquer, soutien, toutes ces relations sociales et étroites sont indissociables de la notion d'intégration !
Pour pouvoir bénéficier de bonnes relations sociales avec ses riverains, l'individu se doit impérativement d'être admis dans son village.
L'UNIFORMISATION des comportements est également le fruit d'un brassage humain, social, culturel très homogène en zone rurale.
Peu de gens proviennent d'horizons très divers, les cultures ne sont pas particulièrement mélangées ou diverses, des ouvriers, des employés pour la plupart issus du terroir, ce qui ne favorise pas l'ouverture d'esprit si caractéristique des habitants des milieux urbains, même si on dispose dans les maisons individuelles de tous les médias.
LA DIFFERENCE EST INCOMPATIBLE AVEC LA NORME SOCIALE !
Etre différent, se comporter, évoluer autrement est une incohérence dans la société rurale.
Les gens se reconnaissent, expriment leur identité dans un groupe, un groupe qui véhicule, qui prône les valeurs auxquelles ils s'identifient !
Un groupe, c'est le village tout entier : ceux qui ne s'identifient pas aux valeurs communes à tous les autres, risquent l'exclusion.
La pluralité donnent le "la", dicte les règles auxquelles doivent adhérer ceux et celles qui désirent être admis par le plus grand nombre.
LA DIFFERENCE ENGENDRE L'EXCLUSION, LE REJET PAR LE PLUS GRAND NOMBRE !
La différence est hors-norme, est anti-sociale, la différence est singulière, prônée par une minorité de gens.
LES MINORITES SONT MISES A L'ECART !
La différence rejette les valeurs communes, celles du groupe, du troupeau.
Les brebis égarées qui délaissent ce groupe, qui sortent des sentiers battus, sont écartées, méprisées par la société dominante en nombre.
La différence dérange, engendre malaises, la différence suscite le rejet
La différence fait peur, la différence est nuisible à l'unité du groupe.
Car la société dominante ne se retrouve pas dans des valeurs, qui ne sont pas les siennes.
Le monde dans lequel nous vivons est ainsi fait.
La masse, l'essaim a le pouvoir, le privilège de dicter les lois.
La masse dominante donne, dicte la marche à suivre : elle en a le droit légitime.
"A la campagne, si tu fais comme tout le monde, tu es admis ; si tu agis autrement, tu es écarté !"
LES MINORITES REFUSENT LES DOGMES, LES US ET COUTUMES, DE LA SOCIETE !
C'est la raison pour laquelle les artistes, les personnes aux comportements, à l'existence singulière ne se retrouvent pas dans les valeurs que célèbre le mode de vie rural.
LES MARGINAUX n'adhèrent pas à ce mode de vie homogène, normalisé, gage d'intégration dans les terroirs.
LES HOMOSEXUELS N'ADHERENT PAS AU MODE DE VIE ETALON NORMALISE DES CAMPAGNES !
QUE DECIDENT ALORS LES HOMOSEXUELS ET LES AUTRES MINORITES ?
Je distinque trois cas de figures :
1.assumer leur homosexualité, leur comportement singulier contre vents et marées, en ayant conscience de l'exclusion par le plus grand nombre qui les menace !
2.l'exode rural : aller s'installer en zone urbaine, en ville pour bénéficier de l'anonymat, de l'absence de voisinage qui vous regarde, vous épie, pour échapper à l'exclusion.
3.renoncer à leur homosexualité et vivre en hétéro marié, gage d'intégration dans la société, dans le village garant des valeurs communes au plus grand nombre : la valeurs universelle, homme, femme, enfants.
CONCLUSION :
90% des homos ruraux optent pour le cas de figure numéro 3, ils renoncent à leur homosexualité !
Le problème à la campagne, c'est donc les voisins surtout les homos mariés, latents.
Car ces derniers ne font pas ce qu'ils désirent, ils ne mènent pas l'existence à laquelle ils aspirent.
Contre leur gré, contre leur volonté, contre leur désir, contre leur nature, les homos latents vivent à la campagne, sans aucune identité en simples hétéros.
Les homos latents font ce que leurs voisins veulent voir, ce que leur voisinage veut voir.
Ainsi, de nombreux homos latents rejoignent la société dominante : hétérosexuelle !
Mais comment distinguer les vrais des faux ?
Les homos latents trahissent la minorité homosexuelle en s'intégrant dans cette masse dominante.
Les homos latents sont des lâches et des hypocrites, car ils méprisent, rejettent leurs frères homos auto-proclamés pour dissiper tout doute, toute suspicion à leur égard.
Les homos latents craignent davantage l'exclusion, le rejet par le plus grand nombre qu'engendrerait la pratique de leur homosexualité, que la souffrance qu'ils s'infligent, que le masque qu'ils portent en permanence en menant une existence contre leur nature, contre leur gré : l'hétérosexualité !
Je me prénomme Benoît, j'ai 44 ans, je suis homosexuel auto-proclamé, je vis dans un petit village de 700 habitants nommé GUNSTETT, en compagnie de ma maman et de mon frère déficient mental.
J'assume, j'affirme pleinement mon homosexualité, ma famille est au courant.
Ma démarche est courageuse, insolite en milieu rural, je suscite gênes et malaises, je suscite la jalousie des homos latents, mariés.
Assumer son homosexualité en milieu rural est difficile, contraignant, délicat même en 2008.
Résultat : je me sens rejetté, je suis rejetté !
Mais je suis loyal envers moi-même.
Je souffre de ma différence, mais je souffrirais davantage si je vivais avec femme et enfants comme les hétéros, comme ces homos latents qui se dissimulent en se mariant selon les lois sacrées du mariage !
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander


